Le Venezuela n’aurait plus les moyens financiers pour payer l’impression de ses billets de banque

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Avec la dégringolade continue des prix du pétrole, les pays producteurs d’or noir qui pendant tant d’années ont compté sur la manne financière que cela représentait, négligeant parfois de diversifier leur économie, plongée depuis dans un épouvantable marasme. C’est le cas entre autres du Venezuela, touché de ce fait, faute de liquidités, par des pénuries diverses frappant même des produits de nécessité courante comme les médicaments, la nourriture et même l’électricité ou le papier toilette. A présent, selon Bloomberg, le Venezuela n’aurait même plus assez d’argent pour acheter ses propres billets de banque, fabriqués en Angleterre.

Selon Andrew Rosati, qui a résumé les choses dans Bloomberg « Le Venezuela est maintenant tellement fauché qu’il est possible que le pays n’ait pas assez d’argent pour acheter son argent ». Le plus célèbre imprimeur de billets de banque, de papiers officiels et fabricant de pièces de monnaie du monde, la société anglaise De La Rue, a demandé à la Banque centrale du Venezuela de payer la somme de 262,64 Dollars US de frais pour l’impression de papier-monnaie et de passeports, entre autres produits. Dans une lettre publiée le mois dernier, Ruth Euling, directrice de De La Rue, a signalé au directeur de la Banque centrale du Venezuela José Khan qu’étant une société publique inscrite à la Bourse de Londres, l’institution a l’obligation de déclarer leur situation financière « si, à tout moment, elle dévie des attentes », ajoutant que si la dette vénézuélienne n’était pas acquittée en temps voulu, cela aurait un impact sur sa situation financière dont elle devrait informer publiquement ses actionnaires et les autorités qui régulent la Bourse de Londres.

Du fait de l’hyperinflation qui touche le pays, le moindre achat, même d’un simple café, demande une quantité impressionnante de papier-monnaie, ce qui fait qu’en 2015, la Banque centrale vénézuélienne a passé commande pour plus de 10 milliards de billets, soit plus que ce qu’a demandé la Réserve fédérale elle-même dans le même temps, alors que l’économie américaine est pourtant incomparablement beaucoup plus importante que celle du Venezuela. Comme l’a expliqué l’article de Bloomberg, en 2013, face à cette situation fait penser, à une échelle beaucoup plus limitée toutefois, ce qu’avait connu l’Allemagne de la République de Weimar dans les années 1920, la Banque centrale avait logiquement commencé à réfléchir à la création de nouveaux billets aux montants plus élevés, ce qui aurait évité la nécessité d’avoir autant de papier, mais ces projets n’ont malheureusement pas abouti.

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