ORDRE NATIONAL DES MÉDECINS : DES BALBUTIEMENTS QUI PRÊTENT À ÉQUIVOQUE

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Regard sur l’attitude des enquêteurs face à la presse.

A qui la faute de l’incident de l’hôpital Laquintinie qui a vu Monique Koumateke être opéré en plein air par des mains inexpertes ?

 

Inutile de dire que l’Ordre national des médecins du Cameroun (Onmc) n’a pas pu répondre à cette question finalement fondamentale dans ce qui est devenue l’affaire Kouameteke. «La faute à nous tous ! » lâchera le Dr Fomulu. En citant l’Etat, les populations, la pauvreté, … et les médecins. D’ailleurs les conclusions de la commission d’enquête dénoncent à mots simples «les insuffisances de l’organisation de l’hôpital Laquintinie». Mais il reste que les auteurs de «l’enquête technique» semblent avoir plus eu à défendre leur honorabilité et leur objectivité que toute autre chose. Et ce sont les similitudes des conclusions de la commission Mbédé et celles ventilées à la hâte par André Mama Fouda moins de 24h après les événements macabres qui suscitent le doute chez les journalistes.

«Ce n’est pas parce que nos conclusions sont à peu près les mêmes que celles du ministre que cela va jeter un discrédit sur le travail abattu par la commission d’enquête», a tenté de défendre le Dr Guy Sandjong, président de l’Ordre des médecins. «Le ministre n’a pas donné tous les détails que nous avons donnés», peut-il se vanter même. Mais «pour une enquête aussi complexe que vous avez présentée, avec la réticence de certains acteurs, comment avez-vous pu réussir en trois jours ?», s’est indigné un journaliste. «N’oubliez pas que ce sont des gens avec qui nous travaillons, nous appartenons au même corps, beaucoup d’entre nous ont exercé de hautes fonctions dans ce …», justifie le Pr Mbédé.

Mais l’homme aura passé plus de temps à retracer le parcours du combattant que sa commission a emprunté, que sur les éléments clé et les résultats obtenus. Plus important, le riche panel n’arrêtait pas de se concerter pendant les deux heures d’horloge avec la presse. Se discutant parfois la parole. Et l’orateur principal, après avoir terminé son long exposé entrecoupé de longs silences et d’hésitations, semblait presque privé de parole. Guy Sandjong s’étant arrogé la presque exclusivité des réponses, en en accordant quelques fois aux autres membres du panel. Le sujet était délicat. Toujours est-il que «le ministre n’a pas lu ce rapport …», indique Guy Sandjong. Non sans signaler l’audience que l’Onmc avait (à 13h30) avec le Minsanté après l’échange avec la presse. «C’est à cette occasion que nous rendrons l’enquête ainsi que les recommandations», annonçait-il. «Vous nous accordez parfois des pouvoirs que nous n’avons pas», a-t-il martelé. Avant de rappeler les quatre missions principales de l’Ordre. Pour indiquer que l’organisation qu’il préside n’influencera en rien le cours des choses. «Mais il est clair que nous avons en notre sein une commission de discipline qui statue sur les cas de dérapage que nous observons au sein de notre corporation», a-t-il tenu à souligner. Et à la fin, l’on s’est accordé sur la nécessité d’une assurance-maladie pouvant résoudre le problème de fond.

Recommandations de l’Ordre

1- Au plan de la santé

· Promouvoir l’éthique et la déontologie médicale ;

· améliorer l’accueil et l’humanisme lors de la pris en charge des patients en privilégiant les grandes valeurs humanitaires de la profession ;

· promouvoir le professionnalisme gage des soins de qualité ;

· lutter contre les pratiques de corruption dans la pratique quotidienne

2- Au Gouvernement

· Accélérer la mise en œuvre des programmes de réduction de la mortalité infantile et maternelle ;

· améliorer les conditions de travail du personnel de santé afin d’assainir le climat de travail, de réduire la fuite des cerveaux, de faciliter la prise en charge des malades et d’éradiquer les pratiques de corruption dans les formations sanitaires ;

· veiller au suivi et au contrôle de la qualité de la prise en charge des patients en collaboration avec les ordres professionnels de santé ;

· renforcer la formation en matière d’éthique et du respect du droit médical dans les écoles de formation du personnel de santé ;

·accélérer la mise en place du système de l’assurance-maladie universelle devant faciliter l’accès aux soins de tous les citoyens camerounais et en particulier les plus défavorisés.

La nouvelle expresion

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