Une lueur d’espoir à Yaoundé contre l’infertilité

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C’est grâce au Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (CHRACERH) opérationnel depuis 2015.

Des lendemains qui chantent s’annoncent pour de nombreux couples en proie aux problèmes de procréation au Cameroun. Ceux qui en doutent encore peuvent se fier aux expériences et déclarations des dames actuellement internées dans les services appropriés du CHRACERH. « Nous avons trouvé ici sur place ce qui nécessite, à d’autres, des voyages en avion pour l’étranger. On me parlait d’Europe, d’Afrique du Sud et des Etats-Unis. Je n’ai pas eu besoin d’aller si loin. Et je suis ravie, car pour un coup d’essai, cela a été un coup de maître », témoigne tous sourires Annabelle E., 52 ans, dans les dernières semaines de la première grossesse de sa vie. Emue aux larmes, la dame semble toujours sous le choc chaque fois qu’il s’agit d’évoquer sa grossesse. C’est quasiment la même émotion chez ses voisines de chambre, toutes des patientes recrutées en Fécondation in vitro (FIV). Alors qu’elles échangent au calme dans leur chambre sur leurs différents parcours jusqu’au bébé, le CHRACERH s’anime, telle une ruche, au fil des heures.

Dans la salle d’attente principale au rez-de-chaussée, des couples arrivent. Des femmes seules aussi. Tous sont reçus, repartent au fur et à mesure. La plupart tiennent entre les mains de grosses enveloppes contenant certainement des échographies et autres résultats d’examens. Ici, pas de regards fuyants, pas d’embarras. Tous ceux qui sont là ont plus ou moins « un problème d’enfant ». « C’est une cousine qui m’a parlé de cet hôpital, me disant qu’on y fait des choses extraordinaires », souffle une dame venue pour une première consultation. La cession réglée, -3000 F pour 14 jours-, son périple peut commencer au sein de l’institution où de nombreux spécialistes, hormis le célèbre Pr Jean-Marie Kasia, gynéco-obstétricien, officient. Ici, une prise en charge pour procréation médicalement assistée, de la consultation à l’accouchement peut avoisiner deux millions F.

« La Fécondation in vitro constitue l’activité-phare du Centre », avoue le Pr Michel Toukam qui trône sur la zone des laboratoires multidisciplinaires. Au-delà, le CHRACERH offre des services dans le domaine de la chirurgie gynécologique (classique abdominale et vaginale lourde, endoscopique), la cancérologie (col et corps de l’utérus, ovaire), le dépistage et traitement des pathologies mammaires ainsi que des grossesses à risque élevé. L’hôpital assure aussi le diagnostic et le traitement de l’infertilité grâce aux nouvelles techniques qu’offre la procréation médicalement assistée (PMA). Au rang de celles-ci, la conservation des gamètes et des embryons, l’insémination intra-utérine de spermatozoïdes (IIU), la FIV, l’ICSI, innovation qui a véritablement révolutionné la FIV. « C’est le must dans ce domaine. C’est une technique qui consiste à inséminer un ovule par micro-injection d’un spermatozoïde. Même si l’homme en a un seul, il peut servir », assure le Pr Toukam.

Au laboratoire de spermiologie, des techniciens s’activent à traiter le sperme d’un patient passé dans la matinée. « S’il est bon, on pourra le congeler sans problème », poursuit notre source. Dans la zone de FIV proprement dite à l’étage, de milliers d’autres gamètes et embryons attendent dans de la vapeur d’azote, congelés à moins 180 degrés. Ici, la journée s’annonce chargée. « Nous allons dévitrifier un embryon tout à l’heure et le réactiver. Lundi, il sera transféré dans l’endomètre préalablement préparé de sa propriétaire », explique le spécialiste. En attendant d’y être, il fait le tour des équipes, s’assurant que toutes sont à l’œuvre pour constituer le succès de l’opération. Tout ici est propre et sent le neuf. Pour le bonheur des patients émerveillés.

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