Les grands électeurs peuvent-ils invalider l’élection de Donald Trump?

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ls ne sont qu’une infime poignée, ces « grands électeurs » désenchantés et prêts à faire barrage à Donald Trump, mais ils y croient dur comme fer. Ce lundi, tandis que le « president elect » assemble sa future administration, aux quatre coins de l’Amérique, on votera de nouveau : 538 grands électeurs, membres du Collège électoral représentant 318 millions de citoyens, se rendront aux urnes de leur district pour nommer officiellement le 45e président des États-Unis. En théorie, la confirmation de Trump est acquise. Dans l’écheveau complexe de la démocratie américaine, résultat d’un compromis en 1787 entre tenants d’un scrutin au suffrage universel et celui d’un vote du Congrès, cette étape est une formalité, censée entériner le résultat des urnes, et reposant sur un mode d’élection indirect : lorsqu’un candidat obtient la majorité dans un Etat, il en remporte tous les grands électeurs. Mais il y a un hic : rien dans la Constitution n’oblige ces élus à suivre le choix de l’Etat dont ils sont originaires, a fortiori dans une élection comme celle de 2016, où la perdante – Hillary Clinton – a remporté le vote populaire, avec 2,8 millions de voix de plus que son adversaire, soit 48,2 % du total contre 46,1 % pour Trump. Sur cinquante Etats, ce dernier en a remporté trente, totalisant 306 grands électeurs contre 232 (et vingt Etats) pour Clinton.




Lettres de « résistants »
Forts de cette anomalie statistique et dénonçant une procédure archaïque contraire au principe « un homme, une voix », les irréductibles font monter la pression : indignés par la victoire du milliardaire populiste et fantasque, ses nombreux détracteurs se prennent à rêver d’un scénario incroyable, celui d’une sédition des grands électeurs, lundi, lorsqu’ils voteront dans leurs Capitoles respectifs. « Malgré le buzz , écrit Robert Samuels dans le Washington Post, les chances d’un coup sont ténues ». Ce buzz est entretenu par les milliers de lettres de « résistants » expédiées aux grands électeurs, dont les noms et les adresses sont listés sur des sites dédiés, comme directelection.org, lancé par un professeur d’anglais de Brooklyn, Jeff Strabone. Celui-ci a même suggéré la teneur du courrier, rappelant que les pères fondateurs, dont Alexander Hamilton, avaient imaginé la procédure du Collège électoral, pour « conférer la certitude morale que la présidence n’échoira jamais à un homme dépourvu du plus haut degré de qualification » . A ce type de missive s’ajoutent des menaces de mort, des harcèlements téléphoniques et des tombereaux de courriels injurieux. L’acteur Martin Sheen, qui jouait le président Josiah Bartlet dans la série télévisée « The West Wing (A la Maison Blanche) », s’est fendu d’une vidéo dans le même sens, suppliant ses 538 compatriotes soudain investis d’une immense responsabilité de « bien réfléchir » aux conséquences de leur vote.
Chris Supru, seul républicain anti-Trump




Pour Sheen, Strabone et tous les anti-Trump que compte l’Amérique, il suffirait de convaincre 37 « grands électeurs » pour oblitérer la victoire de Trump, celui-ci repassant en dessous de la barre fatidique des 270 voix devant le propulser jusque dans le Bureau ovale. En date, seul un républicain, Chris Suprun, du Texas, a annoncé son intention de dénoncer Donald Trump, s’attirant au passage des menaces de mort. Lui et neuf de ses pairs démocrates demandent à surseoir au vote en attendant le bilan de l’enquête sur les cyberattaques russes.




Le « miracle », s’il se produit, serait éphémère, du moins pour les démocrates : il reviendrait alors à la Chambre des représentants et au Sénat d’élire un nouveau président, fait sans précédent dans l’histoire des Etats-Unis. Or, les deux chambres se trouvent sous contrôle républicain.

Source ; http://plus.lesoir.be/73902/article/2016-12-18/les-grands-electeurs-peuvent-ils-invalider-lelection-de-donald-trump#_ga=1.9396917.1420385093.1467631165

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