Afrique du Sud: Jacob Zuma échappe à la destitution après un débat houleux

0

Comme attendu, l’Assemblée nationale sud-africaine a rejeté ce mardi 5 avril la motion de censure à l’encontre de Jacob Zuma. Elle avait été déposée par l’opposition, suite au verdict de la Cour constitutionnelle qui a estimé, jeudi dernier, que le président sud-africain a enfreint la Constitution en refusant de rembourser une partie de l’argent public utilisé pour rénover sa résidence privée Nkandla. La procédure de destitution a provoqué un débat houleux au sein de l’hémicycle.

À peine la séance commencée, le chaos a éclaté. Les députés du parti radical de Julius Malema se sont levés pour demander la démission de la présidente de l’Assemblée. Ils accusent Baleka Mbete d’avoir failli à son devoir constitutionnel en soutenant aveuglement le présidentJacob Zuma.

« Vous n’avez pas le droit de vous assoir là où vous êtes. Vous êtes assise là illégalement, a lancé Julius Malema. Vous avez violé la Constitution sud-africaine. Nous allons discuter de Zuma, mais nous ne pouvons pas parler de lui alors que vous êtes la présidente de l’Assemblée. Vous représentez le Parlement, vous êtes responsable de ce chaos. »

Puis, la séance a été levée pendant plus d’une heure, avant que le débat reprenne. Un échange houleux entre le parti au pouvoir, l’ANC, et toute l’opposition qui exige la destitution du chef de l’Etat pour faute grave. Les insultes ont fusé et le vote n’a finalement duré que quelques minutes. L’opposition a tenté d’appeler les députés ANC à voter avec leur conscience, rappelant les idéaux du parti de Nelson Mandela. Pour Mmusi Maimane, leader de l’Alliance démocratique, principal parti d’opposition, le simple verdict de la Cour constitutionnelle aurait dû être suffisant pour lâcher le chef de l’Etat : « Le choix est entre la Constitution de notre république et Jacob Zuma . Le choix est entre respecter le serment que vous avez fait ici dans cette chambre de protéger la Constitution ou de servir Jacob Zuma et ses riches amis les Guptas. »

Julius Malema a accusé les députés ANC d’être des traîtres. « Si vous ne pouvez pas nous écouter parce que nous faisons partie de l’opposition, écoutez au moins des gens comme Ahmed Kathrada, comme Denis Goldberg, comme les généraux de la branche armée de l’ANC, des vrais généraux, pas les imposteurs, vous dire qu’ils ne se sont pas battus pour en arriver là. Je ne sais pas si le vice président Ramaphosa va voter pour protéger la Constitution qu’il a aidé à rédiger. Nous voulons voir Mr Ramaphosa, Mr Pravin, Mr Jonas – le héros de la lutte anti-corruption – nous voulons voir si vous allez voter contre la corruption qui atteint la Constitution sud-africaine. Nous vous implorons, il est préférable de se tenir debout seul pour la vérité. Arrêtez de penser avec votre estomac. »

Mais sans surprise, la très grande majorité du Parlement, 233 députés sur 400, a voté contre la destitution du chef de l’Etat. L’opposition est sortie en colère, accusant le parti au pouvoir d’avoir trahi le pays.

Pour John Jeffery, ministre adjoint de la Justice, le président Zuma s’est excusé et a promis de rembourser l’argent. Et cela suffit. « La Cour constitutionnelle a jugé que le président avait failli à ses devoirs de défendre et faire respecter la Constitution, que ses agissements étaient en contradiction avec la Constitution. Mais la cour n’a pas jugé qu’il y avait eu violation grave comme requiert la Constitution pour destituer quelqu’un. Il y a une différence entre contradiction et violation sérieuse. »

RFI

Share.

About Author

Leave A Reply

%d blogueurs aiment cette page :